Vérifier un cabinet

Trois vérifications, dix minutes, avant même de demander un rendez-vous. Elles n’identifient pas le meilleur cabinet — elles écartent les situations qui coûtent le plus cher, et elles se font depuis votre bureau.

1. L’inscription au tableau de l’Ordre

C’est la vérification non négociable. La profession est réglementée par l’ordonnance du 19 septembre 1945 : le titre d’expert-comptable est protégé et seules les personnes physiques et les sociétés inscrites au tableau de l’Ordre peuvent exercer la mission. Une personne non inscrite qui tient votre comptabilité et signe vos comptes exerce illégalement, et vous n’avez, en pratique, aucun des recours attachés à la profession.

La vérification est gratuite et publique sur l’annuaire de l’Ordre des experts-comptables. Cherchez à la fois la personne qui signera et la société qui facturera : les deux doivent être inscrites, et ce n’est pas toujours le cas quand un cabinet exerce sous plusieurs entités.

Ne confondez pas les intitulés. « Comptable », « conseil en gestion », « centre de gestion », « cabinet comptable » ne sont pas des titres protégés et ne présument de rien. Un collaborateur comptable non inscrit peut parfaitement tenir votre dossier — sous la responsabilité d’un expert-comptable inscrit. C’est cette responsabilité qui doit être identifiable, nommément.

2. L’assurance de responsabilité civile professionnelle

Elle est obligatoire pour les professionnels inscrits. Elle couvre les conséquences d’une erreur — une option fiscale manquée, un délai dépassé, une déclaration erronée — et c’est le seul mécanisme qui vous protège quand le préjudice dépasse largement les honoraires versés.

Demandez l’attestation en cours de validité. Un cabinet la fournit sans difficulté ; une hésitation à ce stade est en elle-même une réponse.

3. La réalité de la structure

Vérifiez l’existence, l’ancienneté et la forme de la société, ainsi que la cohérence entre l’enseigne commerciale et l’entité qui va vous facturer. Les données d’immatriculation des entreprises sont publiques et consultables en ligne. Ce que vous cherchez :

  • Une société immatriculée depuis un temps significatif, ou à défaut des associés dont l’expérience se vérifie ailleurs.
  • Une adresse cohérente avec celle où l’on vous reçoit.
  • Une correspondance entre le nom commercial du site internet et la raison sociale du devis. Les écarts s’expliquent souvent très bien — mais ils s’expliquent.

Ce qui n’est pas une vérification

Quatre signaux sur lesquels on s’appuie beaucoup, et qui n’apportent presque rien :

  • Les avis en ligne. Le volume d’avis d’un cabinet comptable est trop faible pour être significatif, et les clients satisfaits d’un service comptable n’écrivent pas d’avis. Un avis détaillé et circonstancié peut informer ; une note moyenne sur douze avis n’informe pas.
  • Le classement dans les résultats de recherche. Il mesure un investissement en visibilité, pas une qualité de service.
  • Les logos de partenaires et d’éditeurs de logiciels. Ils indiquent des accords commerciaux.
  • L’ancienneté affichée seule. « Depuis 1987 » ne dit rien de l’équipe actuelle, surtout après une transmission.

La lettre de mission, dernière vérification

Elle arrive après le choix, mais elle en fait partie. Son absence est un motif suffisant pour ne pas signer. Six points à relire :

  • La nature exacte de la mission — une mission de présentation des comptes n’est pas un audit et n’emporte pas le même niveau d’assurance.
  • La liste des prestations incluses, et celle des exclusions.
  • Les honoraires, leur périodicité et leur clause de révision.
  • La durée, la reconduction et le préavis de résiliation.
  • Vos propres obligations — transmission des pièces, délais, exactitude des informations. Elles conditionnent la responsabilité du cabinet.
  • Le sort des documents et des données à la fin de la mission.

En cas de difficulté avec un cabinet. Le conseil régional de l’Ordre est l’interlocuteur compétent pour un différend déontologique ou un litige sur les honoraires. Pour Paris et l’Île-de-France : oec-paris.fr. Les informations générales sur la profession et ses obligations sont publiées par le Conseil national de l’Ordre.