Honoraires

Les honoraires d’un expert-comptable sont libres : il n’existe ni barème, ni tarif réglementé. Ce qui se compare, ce n’est donc pas un prix affiché, c’est un périmètre rapporté à un volume. Voici comment reconstituer cette base commune.

Pourquoi cette page ne donne aucun montant. Publier des fourchettes chiffrées supposerait une enquête tarifaire que nous n’avons pas conduite, et les écarts réels entre deux entreprises de même taille sont trop importants pour qu’un chiffre moyen soit autre chose qu’une source d’erreur. Nous décrivons donc les mécanismes de prix — c’est ce qui permet de juger un devis, alors qu’une moyenne ne le permet pas.

Les trois modes de facturation

ModePrincipeQuand il vous sertCe qu’il faut surveiller
Forfait annuelUn montant couvrant une liste de prestations, souvent réglé mensuellementActivité régulière et prévisible ; c’est le mode dominantLa liste des exclusions, et la clause de révision si le volume augmente
Au temps passéUn taux horaire par niveau d’intervenantMissions ponctuelles, dossiers atypiques, litigesL’absence de plafond ; demandez une estimation écrite et un point d’alerte
À la missionUn prix par prestation isoléeConstitution, évaluation, prévisionnel, accompagnement d’un contrôleLe contour exact : les allers-retours sont-ils compris

En pratique la plupart des propositions combinent un forfait annuel et une facturation au temps passé pour ce qui en sort. C’est légitime. Ce qui ne l’est pas, c’est un forfait d’appel volontairement étroit dont on sait par avance qu’il sera dépassé.

Ce qui fait réellement le prix

Par ordre d’influence décroissante. Les deux premiers pèsent plus que tous les autres réunis.

  1. Le nombre de pièces à traiter — factures d’achat et de vente, lignes bancaires, notes de frais. C’est l’unité d’œuvre du métier.
  2. La paie — le nombre de bulletins, mais aussi la complexité de la convention collective, des variables et des entrées-sorties.
  3. La qualité de ce que vous transmettez. Des pièces classées, complètes et transmises à date coûtent nettement moins cher à traiter qu’un carton en avril. C’est le seul levier de prix qui est entre vos mains.
  4. Le régime de TVA et sa fréquence — une déclaration mensuelle ne demande pas le même travail qu’une déclaration annuelle.
  5. La forme juridique et le régime fiscal, qui déterminent les obligations déclaratives et les formalités annuelles.
  6. Les particularités sectorielles — travaux en cours, stocks, caisse, ventes à distance, multidevises, plusieurs établissements.
  7. Le niveau de conseil attendu, c’est-à-dire le nombre de rendez-vous et de points intermédiaires inclus.
  8. Le degré d’automatisation — un cabinet qui récupère vos relevés et vos factures automatiquement traite votre dossier pour moins cher, et peut le répercuter.

Ce qui est presque toujours hors forfait

Cette liste est l’outil le plus utile de la page : c’est en la parcourant avec chaque cabinet que trois devis deviennent comparables.

  • La reprise de l’historique lorsque vous changez de cabinet, ou la remise en ordre d’un exercice mal tenu.
  • Les formalités juridiques exceptionnelles — modification statutaire, changement de gérant, transfert de siège, augmentation de capital, cession de parts.
  • L’assistance en cas de contrôle fiscal ou Urssaf, y compris la simple préparation des pièces.
  • Les prévisionnels et business plans, ainsi que les dossiers destinés aux banques ou aux investisseurs.
  • Les attestations et situations intermédiaires demandées en cours d’année.
  • Les déclarations personnelles du dirigeant, qui ne font pas partie de la mission de l’entreprise.
  • Les régularisations liées à un retard de transmission de votre part.

Ramener trois devis à une base commune

Une méthode qui tient sur un tableur, et qui règle la question en une heure.

  1. Écrivez votre volume réel — pièces par mois, bulletins, comptes bancaires — et donnez le même chiffre à tous les cabinets consultés.
  2. Listez en lignes les prestations de la proposition la plus détaillée. Elle sert de référentiel.
  3. Reportez chaque devis dans cette grille et marquez explicitement « non couvert » là où l’offre est muette. Ce sont les cases vides qui font la différence de prix.
  4. Ajoutez au forfait une estimation annuelle du hors forfait, en demandant à chaque cabinet ce qu’il a facturé en supplément, l’an dernier, à un client comparable.
  5. Comparez les totaux — et seulement là, comparez.

Un écart qui subsiste après cet exercice s’explique en général par le niveau de l’intervenant affecté au dossier et par le temps de conseil inclus. Demandez-le : la réponse est souvent donnée franchement.

Les règles que la déontologie impose

  • Les honoraires doivent être convenus par écrit dans la lettre de mission, avant le début de la mission.
  • Ils ne peuvent pas être calculés d’après les résultats financiers de l’entreprise. Une proposition indexée sur l’économie d’impôt obtenue est irrégulière — et c’est un signal sur le reste.
  • Ils doivent rester en rapport avec le travail effectué ; une révision en cours de mission suppose un accord.
  • Les documents appartenant à l’entreprise doivent lui être restitués, y compris en cas de litige sur les honoraires.

Ces règles figurent dans le code de déontologie de la profession, dont le cadre général est fixé par l’ordonnance du 19 septembre 1945. En cas de différend, le conseil régional de l’Ordre peut être saisi : à Paris et en Île-de-France, il s’agit du Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables Paris Île-de-France.

Le devis anormalement bas. Un prix très inférieur aux autres n’est pas nécessairement une bonne affaire ni une arnaque : le plus souvent, il correspond à un périmètre plus étroit ou à un dossier confié à un intervenant moins expérimenté. Le vérifier prend cinq minutes avec la liste des exclusions. Ne pas le vérifier coûte un exercice.

Questions fréquentes

Peut-on négocier les honoraires ?

Oui, mais rarement sur le taux. La négociation utile porte sur le périmètre : reprendre à votre charge la saisie ou le classement, réduire le nombre de rendez-vous inclus, ou au contraire les augmenter contre un engagement de durée. Négocier le prix à périmètre constant conduit surtout à faire descendre le dossier d’un niveau d’intervenant.

Le forfait peut-il augmenter en cours d’année ?

Il ne devrait augmenter que selon la clause de révision prévue dans la lettre de mission — indexation annuelle, ou franchissement d’un seuil de volume. Relisez cette clause avant de signer : c’est elle qui détermine si une croissance de votre activité déclenche mécaniquement une hausse.

Faut-il payer un premier rendez-vous ?

Le premier rendez-vous de découverte est généralement offert. Une consultation qui produit une véritable analyse — choix de structure, arbitrage fiscal, chiffrage — constitue en revanche une prestation, et il est normal qu’elle soit facturée. L’ambiguïté doit être levée avant, pas après.

Les honoraires sont-ils déductibles ?

Les honoraires d’expertise comptable engagés dans l’intérêt de l’entreprise constituent une charge déductible dans les conditions de droit commun. Le traitement exact dépend de votre régime : c’est précisément le genre de point à faire confirmer par le professionnel que vous aurez choisi.