Sept étapes, dans cet ordre. La plus rentable est la première, et c’est celle que presque personne ne fait : écrire ce que l’on attend avant de regarder qui pourrait le faire.
1. Écrire votre besoin avant de chercher
Une page suffit, et elle vous servira ensuite à obtenir des propositions comparables. Quatre choses à y faire figurer :
- Votre situation. Forme juridique, régime fiscal et de TVA, date de clôture, effectif, chiffre d’affaires approximatif, ancienneté.
- Le volume réel. Combien de factures d’achat et de vente par mois, combien de comptes bancaires, combien de bulletins de paie. C’est le principal déterminant du prix.
- Ce que vous voulez garder. Saisie interne ou non, facturation faite par vous, gestion des notes de frais, préparation des règlements.
- Ce que vous attendez au-delà des comptes. Point trimestriel, aide au prévisionnel, accompagnement d’une levée ou d’un prêt, arbitrage rémunération, présence en cas de contrôle.
Ce dernier point est celui qui fait diverger les honoraires d’un facteur important, et celui que l’on formule le plus mal. Une entreprise qui espère du conseil sans l’avoir demandé sera déçue par un cabinet parfaitement correct.
2. Choisir le type de structure
Trois familles coexistent à Paris, et elles ne s’adressent pas aux mêmes entreprises. Le détail figure sur la page en ligne ou cabinet traditionnel ; en résumé :
| Structure | Ce qu’elle sert bien | Sa limite |
|---|---|---|
| Expert-comptable indépendant ou très petit cabinet | Relation directe avec le titulaire, réactivité, connaissance fine du dossier | Absence, congés, dépendance à une seule personne |
| Cabinet structuré (plusieurs associés, pôles spécialisés) | Continuité, paie et juridique internalisés, dossiers complexes | Vous parlez surtout au collaborateur, pas à l’associé |
| Cabinet en ligne | Prix lisible, outillage, structures simples et standardisées | Conseil peu personnalisé, interlocuteur changeant |
3. Constituer une liste courte
Trois à cinq cabinets suffisent. Au-delà, la comparaison se dégrade parce que vous n’aurez pas l’énergie de mener les rendez-vous correctement. Les sources utiles, par ordre de fiabilité décroissante :
- Une recommandation d’un dirigeant de votre secteur et de votre taille. C’est la seule source qui intègre le facteur humain.
- L’annuaire de l’Ordre, qui garantit au moins que le professionnel est inscrit.
- Votre banque, votre avocat, votre incubateur — en gardant en tête que des accords d’apport d’affaires existent.
- La recherche en ligne, en dernier, et en traitant les pages de type « meilleur cabinet » pour ce qu’elles sont : de l’achat de visibilité.
4. Vérifier avant de rencontrer
Dix minutes par cabinet, avant d’investir un rendez-vous : inscription au tableau de l’Ordre, existence et ancienneté de la société, assurance de responsabilité civile professionnelle. La marche à suivre est détaillée sur vérifier un cabinet.
5. Mener le rendez-vous
Un premier rendez-vous se prépare comme un entretien d’embauche — dans les deux sens. Emportez votre page de besoin, et faites parler le cabinet sur son organisation plutôt que sur ses compétences : tout le monde répond bien à « êtes-vous compétent en TVA ». Les douze questions sont classées dans l’ordre où elles se posent naturellement.
Un point mérite d’être obtenu par écrit : qui sera votre interlocuteur au quotidien, et sous quel délai il répond. Le titulaire que vous rencontrez n’est presque jamais celui qui traitera votre dossier.
6. Comparer les propositions à périmètre égal
C’est ici que la plupart des comparaisons échouent : deux forfaits annuels affichés côte à côte ne recouvrent presque jamais les mêmes prestations. Ramenez chaque proposition à la même liste — tenue, révision, comptes annuels, liasse fiscale, déclarations de TVA et leur fréquence, paie et nombre de bulletins, formalités juridiques annuelles, rendez-vous inclus, assistance en cas de contrôle. La page honoraires détaille ce qui est presque toujours hors forfait.
7. Lire la lettre de mission, et la signer
La lettre de mission est le contrat. Elle est obligatoire dans la profession et son absence est en soi un signal d’alerte. Elle doit décrire la mission confiée, les obligations respectives, les honoraires et leurs modalités de révision, la durée et les conditions de résiliation.
Trois points à relire ligne à ligne : la durée d’engagement et le préavis (une tacite reconduction avec préavis long vous immobilise), la clause de révision des honoraires, et la liste explicite de ce qui est exclu.
Signaux qui doivent arrêter la discussion. Un professionnel introuvable au tableau de l’Ordre ; un refus de formaliser une lettre de mission ; des honoraires proposés en fonction de l’économie d’impôt obtenue — la déontologie interdit les honoraires calculés d’après les résultats financiers ; une promesse de résultat fiscal chiffrée avant tout examen du dossier ; l’impossibilité d’obtenir le nom de la personne qui suivra le dossier.
Questions fréquentes
Combien de cabinets faut-il rencontrer ?
Trois, dans la plupart des cas. Deux ne donnent pas de point de comparaison, cinq conduisent à bâcler les rendez-vous. Rencontrez-en trois, sérieusement, avec la même page de besoin en main.
Faut-il choisir un cabinet spécialisé dans mon secteur ?
C’est déterminant dans quelques activités où la comptabilité comporte de vraies particularités — bâtiment et travaux en cours, restauration et caisse, e-commerce et TVA sur les ventes à distance, professions libérales, associations, SCI. Ailleurs, la spécialisation sectorielle pèse moins que la disponibilité et la qualité de l’interlocuteur.
Peut-on changer d’expert-comptable en cours d’exercice ?
Oui. Le changement suppose de respecter le préavis prévu par la lettre de mission et de régler ce qui est dû. Les documents qui appartiennent à l’entreprise doivent lui être restitués, y compris en cas de désaccord sur les honoraires. Le calendrier le plus simple reste la clôture.
Un expert-comptable peut-il aussi être mon commissaire aux comptes ?
Non, pas pour la même entité : les deux missions sont incompatibles, l’une consistant à établir les comptes et l’autre à les certifier. Le commissaire aux comptes relève d’une profession distincte et n’est requis que dans certaines situations.
Et si mon entreprise n’a pas encore démarré ?
C’est le meilleur moment pour consulter, parce que plusieurs choix faits à la constitution — forme juridique, régime fiscal, statut du dirigeant, date de clôture — sont coûteux à corriger ensuite. Beaucoup de cabinets proposent un premier rendez-vous sans engagement.